Aux Street Artists

Sans eux, les rues du centre de Lyon n’offriraient que le visage monotone et ronronnant d’une grande ville bourgeoise : avenues piétonnes et commerçantes stéréotypées ; bars branchés où il est de bon ton pour la jeunesse dorée d’être vue ; mangeoires à touristes du quartier Saint Jean exhalant leurs effluves gras, écoeurant et dans lesquelles affluent des cars entiers de touristes pressés de goûter à cette cuisine qui n’a plus de « traditionnelle » que le nom ; marchés bios à bobos et gogos ; centres commerciaux et galeries marchandes devenus des endroits où se promener en famille, etc. Peu à peu l’espace public se voit « privatisé » par les terrasses des cafés, des brasseries, des fast-food et, notamment, par le matraquage des campagnes publicitaires sans cesse renouvelées à grand renfort d’affiches.

Abandonnées à cette pollution visuelle agressive omniprésente, les rues des grandes villes sont la vitrine d’une société de consommation entrée dans un rythme effréné – et qu’une catastrophe financière mondiale n’a en rien ralenti. Toutefois, les interventions des « street artists » dans Lyon prouvent qu’aujourd’hui plus que jamais l’art doit se rapproprier l’espace public pour en faire une galerie d’art à ciel ouvert.

Posés de manière illégale, les pochoirs, collages ou autres graffs sont devenus en une vingtaine d’années les moyens d’expression privilégiés des « street artists ». Que leurs oeuvres soient considérées comme de l’art (tendance qui s’affirme) ou comme du vandalisme (point de vue conservateur et réactionnaire), les artistes de rue suscitent un intérêt croissant : des galeries organisent des expositions estampillées « Street Art » ; sortie du film de Banksy Faites le mur ; concours organisés par des municipalités pour égayer certains quartiers et y apporter une bouffée de fantaisie. Plus qu’un phénomène de mode, le Street Art est le média d’expression de tout une génération nourri par une culture urbaine – qu’elle soit artistique, cinématographique, musicale.

Ces artistes qui posent des pochoirs et des collages dans les rues de Lyon le font très souvent (et pour des raisons évidentes) de façon anonyme. A chaque fois que je photographie un pochoir, je cherche toujours une signature quelconque, un blaze, un pseudo pour que mes légendes soient les plus complètes possible. Dans mes tribulations au coeur de la ville je n’ai repéré que peu de pochoirs ou de collages signés. DK, Le Rieur, The Sheepest apposent leur griffe sur leurs oeuvres. Mais pour tous les autres : qui sont ils? Ne veulent ils pas que les passants puissent identifier leur production probablement éparpillée aux quatre coins de Lyon? C’est pourquoi je propose ici aux artistes (anonymes ou pas) de les rencontrer pour organiser, avec mes moyens, des mini-interviews afin qu’ils parlent un peu plus de leur travail. Car un des buts de ce blog est de livrer une vision d’ensemble – je l’espère – des interventions de ces « street artists » qui décorent les rues de Lyon. Et d’essayer de donner la parole à ceux qui sont au coeur du mouvement Street Art sur Lyon.


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2 commentaires pour Aux Street Artists

  1. Gilbert Raulet dit :

    Remarquable travail,

    Félicitations,

    Yes Sir !

    Gilbert

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